
Les nanas givrees
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AUTEUR : ASNE SEIERSTAD
Littérature étrangère, Parution : 03/2008
Asne Seierstad a couvert les conflits en Irak, en Afghanistan et au Kosovo pour les médias scandinaves. Elle a reçu plusieurs prix pour ses travaux de journaliste et ses ouvrages dont Le libraire de Kaboul ( 2003 ).
Asne Seierstad a commencé sa carrière comme correspondante à Moscou, en couvrant le conflit tchétchène. Elle y est retournée
dix ans plus tard et s’est rendu compte qu’en dépit du désintérêt de l’opinion publique, la tragédie continuait. Une tragédie qui a tué entre 10 et 15 pour cent de la population et qui a laissé
dans son sillage une société défigurée et un prix à payer particulièrement lourd pour ses enfants
"J’avais une vingtaine d’années lorsque j’ai couvert la guerre en Tchétchénie, en 1995 et 1996, et encore aujourd’hui, je l’ai dans la peau. Pour la première fois,
je rencontrais la mort et je comprenais ce que signifiaient la peur, la souffrance. […] Il y a deux ans, je me suis dit qu’il était temps d’y retourner. Revenir en Tchétchénie après une dizaine
d’années d’absence fut une expérience éprouvante. Etre témoin de ce que la guerre a infligé à la population, rencontrer des enfants qui ont perdu leurs parents, des parents qui ont perdu leurs
enfants, voir à quel point la société avait été brutalisée. J’ai rencontré un garçon qui vit dans les ruines ; il m’a raconté pourquoi il ne pouvait contrôler la violence de ses émotions : "Je
suis mauvais, tout en moi est mauvais. Je n’ai qu’une envie : tuer et détruire. […]" Dans mon livre, je ne dénombre pas les victimes car il est impossible de dénombrer les cœurs endurcis, les
enfances brisées. Je ne compte pas, je raconte. " Asne Seierstad.
RESUME :
En Tchétchénie, vit une femme qui défie les horreurs de la guerre, une femme qui montre que le pire peut aussi
faire ressortir le meilleur en nous.
On l'appelle l'Ange de Grozny. Dix ans après son premier voyage en Tchétchénie en tant que correspondante de guerre, Asne Seierstad décide d'y retourner. Elle se rend alors compte qu'en dépit du
désintérêt de l'opinion publique, la tragédie continue. Une tragédie qui a laissé dans son sillage une société défigurée et un lourd tribut à payer pour ses
enfants.
Mon commentaire : 16
Biensûr le nom de Tchétchènie évoque pour nous un conflit, une tragédie aperçue sur nos écrans de télévision, mais qu’en connaissons-nous ? S’en soucie-t-on encore ?
Plus que le récit d’une guerre, puis d’une autre 10 ans plus tard, et l’instauration d’un pouvoir dictatorial, Asne Seierstad nous entraine dans ses voyages officiels ou clandestins dans une région du monde, d’Europe où les guerres avillissent, détruisent, tuent des hommes, des femmes, des enfants, des traditions et cultures, dans l’indifférence générale.
Ce récit est bouleversant de justesse, de pudeur, d’émotion, de délicatesse malgré les horreurs décrites…
L’auteur a choisi de nous livrer la tragédie tchétchène à travers le récit de ses rencontres avec des enfants orphelins et des femmes, veuves ou ayant perdu leurs enfants ( Pourquoi n’y-a-t-il pas de mot pour nommer les parents qui ont perdu leurs enfants ?), car ce sont les premières victimes innocentes et impuissantes de ces conflits.
Et puis, il y a ses rencontres avec quelques politiques, militaires, ou rebelles, des rencontres qui sont terrifiantes tant elles montrent que la situation est encore aujourd’hui dramatique, et explosive.
L’Ange de Grozny est cette femme qui a choisi d’accueillir des orphelins au péril de sa sécurité, qui se bat au quotidien pour assurer leur survie et réparer leurs blessures physiques mais surtout psychiques.
Très beau document où la compassion de l’auteur ne trahit en rien la douloureuse réalité tchétchène.
Fabienne
PS: Biensur on ne se tord pas de rire à chauqe phrase, mais la vie est parfois ainsi faite !
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